Image: Shonagon · Unknown authorUnknown author · Sailko
ivoire Barberini
🎧 Cette œuvre a un commentaire audio : écoutez-le dans l'appPrenez un moment pour vraiment regarder l'ivoire Barberini. Remarquez comment l'empereur, probablement Justinien, est assis triomphalement sur son cheval cabré, lance à la main. À sa gauche, une figure barbare, vêtue de pantalons, semble presque en admiration plutôt que combative, sa main touchant la lance dans un geste de soumission.
Cette pièce, réalisée en 525, est un remarquable vestige de l'ère byzantine, mettant en valeur l'artisanat d'un atelier impérial à Constantinople. Ce n'est pas simplement un objet décoratif ; c'est un document historique liant le règne de l'empereur à la narration plus large de la victoire chrétienne et du pouvoir impérial. Le dos de l'ivoire porte des inscriptions, y compris des noms de rois francs liés à la reine Brunehaut, suggérant son parcours à travers l'histoire et son importance en tant qu'offrande votive.
Alors que vous vous tenez ici, pensez aux histoires que cet ivoire pourrait raconter — que dirait-il s'il pouvait parler des luttes de pouvoir, du droit divin des rois et des échanges culturels de son époque ? Que révèle cette œuvre sur le monde dont elle est issue ?
En examinant l'ivoire Barberini, laissez vos yeux se promener sur les détails complexes de son artisanat. Fait en ivoire d'éléphant, cette pièce est une merveille de technique sculpturale. Remarquez comment les cinq plaques rectangulaires s'emboîtent parfaitement, maintenues par des joints à languette et rainure. Vous pouvez presque sentir le poids de l'histoire dans vos mains en observant les délicates sculptures, où chaque courbe et chaque ligne racontent une histoire. L'absence de polychromie permet à la beauté naturelle de l'ivoire de briller, mettant en valeur le savoir-faire des artisans qui l'ont créé. Pouvez-vous voir les restes de pierres précieuses, comme les sept perles qui s'accrochent encore à sa surface ? Chaque détail est un témoignage de l'artisanat de l'atelier impérial de Constantinople, où cette pièce est née.
À l'origine partie d'un diptyque impérial, il a probablement été commandé pour célébrer le pouvoir de l'empereur, souvent considéré comme Justinien. Cette œuvre n'était pas seulement une œuvre d'art ; elle servait d'offrande votive, inscrite avec les noms des rois francs liés à la reine Brunhilde, laissant entrevoir son importance dans le paysage politique de l'époque. Après sa création, l'ivoire a circulé entre diverses mains, son parcours devenant quelque peu mystérieux jusqu'en 1625, lorsqu'il a été offert au cardinal Francesco Barberini. Il est devenu un bien précieux dans la collection Barberini à Rome avant de trouver sa place au Louvre en 1899.
Créé au début du 6ème siècle, il reflète les dynamiques politiques et religieuses de son époque, en particulier l'entrelacement de l'autorité chrétienne et de la puissance impériale. Cette œuvre ne se contente pas de mettre en valeur le savoir-faire d'un atelier impérial à Constantinople, mais elle sert également de document historique liant à la reine Brunehaut d'Austrasie, soulignant son influence et les connexions entre l'Empire byzantin et les royaumes francs. L'iconographie complexe de l'ivoire, représentant l'empereur couronné par la Victoire et flanqué de figures allégoriques, a établi un précédent pour les futures représentations du pouvoir dans l'art. Sa survie dans un état aussi excellent nous permet d'entrevoir les valeurs esthétiques et les messages politiques de l'époque, en faisant une pièce cruciale pour comprendre l'évolution de l'imagerie impériale dans l'histoire de l'art.
Un fait fascinant concernant l'ivoire Barberini est qu'il était à l'origine considéré comme une tablette d'écriture, mais son poids et l'absence de charnière suggèrent qu'il n'a jamais été destiné à un usage pratique. Au lieu de cela, il servait un but cérémoniel, renforçant le droit divin de l'empereur à régner.
Au départ, on pensait qu'il s'agissait d'une tablette d'écriture, mais son poids et l'absence de charnière indiquent qu'il était probablement destiné à un usage cérémoniel à la place.
En 1625, il a été offert au cardinal Francesco Barberini par l'antiquaire Nicolas-Claude Fabri de Peiresc, qui l'avait récupéré plus tôt et avait reconnu son importance.
C'est le seul objet profane de ce type à avoir survécu dans un état aussi bon, mettant en valeur l'exceptionnel savoir-faire de l'atelier impérial à Constantinople.
